Archives

La CÉEC à Garneau : le SPCFXG se fait entendre !

Dans le cadre de sa tournée des collèges, la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial (CÉEC) s'est arrêtée au Cégep Garneau. Le SPCFXG en a profité pour se faire entendre!

Une position locale claire : l'abolition de la CÉEC

À l’instar de l'ensemble des syndicats affiliés à la FNEEQ, le SPCFXG s’est doté, en mai 2014, d'un mandat visant à se dissocier formellement du processus d’audit d’assurance qualité de la CÉEC. Cependant, lors de l’assemblée générale du 21 avril dernier, les membres du SPCFXG ont décidé à l’unanimité de manifester leur désaccord plus fortement lors de la période libre d’échanges avec les commissaires. C’est pourquoi le 11 mai dernier, une délégation de professeur-e-s s'est jointe à Pierre Mercure, président du SPCXFG, qui a fait la lecture d'un déclaration qui dénonce le processus d'audit aux commissaires. Par la suite, le SPCFXG a fait parvenir la déclaration à l'ensemble des syndicats affiliés à la FNEEQ, au ministre de l'Éducation, au président de la Fédération des cégeps ainsi qu'au président de l'Assemblée nationale.

Vers un plan d'action national plus fort

Lors du regroupement cégep du 12 mai dernier, le plan d'action contre l'assurance qualité et la CÉEC ont suscité plusieurs discussions. Pour certains délégué-e-s, il semble évident que le boycott était pertinent, mais qu'il faut maintenant bonifier ce plan d'action et mettre de l'avant des moyens d'actions plus lourds afin que la CÉEC soit abolie. C'est dans ce contexte que le président du SPCFXG a expliqué aux délégué-e-s,qu'à Garneau, «nous sommes déjà dans la phase 2 de ce plan d'action puisque nous nous sommes présentés devant les commissaires pour leur faire la lecture d'une déclaration qui demande purement et simplement l'abolition de la CÉEC et le retour des comités de discipline nationaux.»

Cette initiative a été saluée par les membres du regroupement et c'est pourquoi Garneau a fait adopter au Plan d'action contre la CÉEC (automne 2016) l'amendement suivant : «le regroupement cégep invite ses syndicats à profiter de la présence de la CEEC dans leur collège pour faire une déclaration demandant l’abolition de la CEEC et de l’envoyer, notamment, à la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, au président de l’Assemblée nationale et au président directeur général de la Fédération des cégeps.

Déclaration à la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial du SPCFXG

Vous n’êtes pas sans savoir que le processus d’audit d’assurance qualité de la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial et de la Commission elle‑ même est éminemment critiqué dans le réseau collégial. C’est d’ailleurs pourquoi la Fédération nationale des enseignantes et enseignants  du Québec (FNEEQ) a lancé une campagne nationale contre l’assurance qualité en 2014. Les syndicats du Regroupement cégep de la FNEEQ, dont le nôtre, ont également adopté des résolutions de boycott afin de signifier clairement leur désaccord avec la perspective que vous mettez de l’avant.

Cependant, le 21 avril dernier, les membres du SPCFXG ont décidé à l’unanimité de signifier leur désaccord plus fortement que par un boycott. C’est pourquoi ils nous ont mandatés pour vous rappeler nos griefs à votre égard qui s’inscrivent dans le contexte ravageur d’austérité qui prévaut depuis quelques années.

En mars 2013, la CÉEC, ébranlée par la résistance grandissante à l’égard de ses travaux, a fait savoir que, désormais, son approche ne viserait plus la qualité des activités dans les collèges, mais bien la qualité des mécanismes internes d’assurance qualité dont doivent se doter lesdits collèges pour s’assurer de la qualité de leurs programmes d’études, de l’évaluation des apprentissages, de la planification stratégique et de la planification liée à la réussite. Autrement dit, la CÉEC s’est tournée vers de la métaévaluation.

Selon le SPCFXG, non seulement cet « audit qualité » s’inscrit dans une vision marchande de l’éducation, mais il encourage l’uniformisation des pratiques d’enseignement et il empiète ainsi sur l’autonomie collective et individuelle des professeur-e-s. Il marginalise le rôle des professeur-e-s dans la définition des critères qui fondent une éducation de qualité. Il disqualifie les pratiques des instances légitimes, comme les assemblées départementales et les comités de programme, au profit d’une instance extérieure. Il impose, en matière de réussite scolaire, une logique gestionnaire axée exclusivement sur la reddition de comptes et l’atteinte des résultats. Finalement, il constitue un mécanisme bureaucratique supplémentaire, mais non nécessaire, qui gruge des ressources humaines et financières indispensables.

Ce dernier point nous semble d’autant plus important dans le contexte d’austérité budgétaire actuel. Vous êtes au fait que le réseau collégial absorbe, année après année, des coupures qui affectent directement les services aux étudiantes et aux étudiants, de même que les conditions de travail des employé-e-s. Chez nous, à Garneau, les compressions récurrentes imposées au budget de fonctionnement depuis 2011-2012 s’élèvent maintenant à plus de 1 M $, ce qui représente une diminution de plus de 5 % de la subvention ministérielle compressible.

À nos yeux, en maintenant l’existence de la CÉEC qui relève directement de l’Assemblée nationale, l’État fait fausse route en cautionnant une structure complaisante qui engage des hauts salarié-e-s souvent retraités qui, du haut de leurs prétendues « métacompétences », viennent nous nourrir de leur sages et indispensables conseils, non sollicités et non souhaités par le corps professoral. Mais surtout, ils viennent constater que « les spécialistes disciplinaires », que nous sommes, font déjà très bien leur travail malgré un criant manque de ressources. Malgré un manque crasse de reconnaissance, par un désinvestissement en éducation qui brime le peuple québécois des outils nécessaires à le maintenir hors de l’ignorance et de l’asservissement à la logique sempiternelle du marchand qui veut  prendre le contrôle de la cité.

Nous demandons à notre État qu’il reprenne ses responsabilités en main et qu’il use avec discernement de l’immense privilège que lui octroie la population québécoise d’investir adéquatement dans sa jeunesse, dans son avenir.

Il faut redonner un souffle nouveau au fondamental projet du Rapport Parent qui est venu démocratiser, universaliser l’accès à notre droit collectif à la connaissance.

Il faut que cesse cette stérile obsession de la reddition de comptes qui étouffe la créativité et le dynamisme. Créativité et dynamisme qui nous arrachent de la médiocrité et qui nous propulsent dans la modernité.

À défaut que la CÉEC dans un sage élan ne se saborde, nous venons affirmer haut et fort que nous nous dissocions de cette entreprise que nous jugeons obsolète et inutile.

Nous demandons, ni plus ni moins, la dissolution de la commission.

Une telle économie pourrait favoriser le retour des comités de discipline nationaux. Réel lieu de concertation où les expertes et les experts, les professeur-e-s, pourraient se rencontrer et échanger afin de bonifier leurs pratiques.

C’est concrètement sur le terrain que nous avons besoin davantage de ressources pour épauler nos étudiantes et nos étudiants dans leurs projets de réussite, pas dans quelques tours d’ivoire déconnectées des besoins réels d’une éducation citoyenne.

Les membres du SPCFXG
Convention collective
Votre contrat de travail :
Manifeste
Le manifeste Faire de l'éducation publique la priorité nationale du Québec.
Administration du site

SPCFXG

Cette section est utilisée par les administrateurs du site seulement. Vous devez posséder un nom d'usager ainsi qu'un mot de passe pour y accéder.