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CPE en péril : Chaîne humaine et entrevue à la Frimousse

Le 8 février dernier, une trentaine de personnes ont participé à une chaîne humaine, organisée par l’équipe du CPE La Frimousse. Cette action s’inscrit dans la mobilisation nationale, chapeautée par l’Association québécoise des centres de la petite enfance, contre les compressions dans les services de garde subventionnés (74 millions $ en 2015-2016 et 120 millions $ additionnels en 2016-2017).

L’i papier EXPRESS a profité de l'occasion pour réaliser une entrevue avec Julie Renaud, la directrice de La Frimousse. Entretien avec une femme déterminée à préserver les services de garde offerts aux employé-e-s et aux étudiant-e-s du Cégep.

L’i papier EXPRESS : Comment est né le CPE La Frimousse?
Julie Renaud : Le CPE a été fondé par les trois syndicats d’employé-e-s du Cégep en 1976. La Frimousse est donc née d’un désir des employé-e-s d’avoir un service de garde à proximité de leur lieu de travail. Aujourd’hui, on a 49 places et on dessert également les parents qui étudient à Garneau.

L.E. : Dans les dernières années, les CPE ont absorbé plusieurs compressions. Quelles ont été les conséquences de ces dernières à La Frimousse?
J.R. : Depuis que les libéraux sont arrivés au pouvoir en 2006, nous faisons vraiment le lien, ils n’ont pas injecté d’argent neuf dans le réseau. D’abord, monsieur Charest a augmenté les tarifs : les places à contribution réduite sont passées de 5 $ à 7 $. Depuis, on va de compressions en compressions et elles ont des impacts concrets sur les employ-é-s et les services. À La Frimousse, nous avons été forcés de réduire les heures du cuisinier et de la directrice. Les éducatrices ont aussi fait des concessions sur les heures consacrées à la planification pédagogique. Nous avons éliminé les desserts. Maintenant, nous offrons des collations plus consistantes en après-midi (des muffins, des galettes), mais on n’a pas plus de dessert.

L.E. : On comprend que l’annonce de nouvelles compressions suscite la mobilisation. Pour le CPE La Frimousse, il s’agit d’une diminution de 43 000 $ pour 2015-2016. Si le gouvernement libéral ne recule pas, quels seront les impacts à La Frimousse?
J.R. : On doit absorber ces nouvelles compressions alors que tous nos frais fixes augmentent : le coût du loyer, la nourriture et les salaires des éducatrices. De plus, l’année prochaine, les compressions pourraient atteindre 50 000 $. Pour le moment, on se tient la tête hors de l’eau, mais on ne sait pas pour combien de temps. On organise un spectacle-bénéfice qui se tiendra le 20 février prochain. On essaie aussi de maximiser les ressources. Mais, on n’a pas de solution miracle. Il faut que le gouvernement recule parce que, maintenant, c’est vraiment la qualité des services aux enfants et aux parents, ce sont les emplois qui sont en jeu. En fait, c’est la survie de La Frimousse qui est en jeu!

L.E. : Est-ce que cette décision des libéraux pourrait mener à la fermeture de La Frimousse?
J.R. : Oui, tout à fait. Le ministère nous pousse à des fusions, à des mutualisations de service avec d’autres CPE. On a planifié des rencontres avec d’autres CPE. Mais on ne veut pas perdre notre identité, La Frimousse. C’est pourquoi c’est vraiment important de se mobiliser!



Le 9 février dernier, au lendemain de manifestations organisées dans une vingtaine de villes (dont Montréal où plus de 20 000 personnes se sont réunies), le premier ministre, Philippe Couillard, a déclaré que son gouvernement entend maintenir les compressions. Cependant, le mouvement « CPE en péril ! » n'a pas dit son dernier mot.

Pour signer la pétition pour un réinvestissement dans des services de garde de qualité : https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-5663/index.html

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