Archives

Ouvrir le dialogue avec les femmes autochtones : un franc succès!

Afin de souligner la Journée internationale des femmes, les comités femmes du Cégep1 ont organisé l’activité Ouvrir le dialogue avec les femmes autochtones, le 8 mars dernier. Plus d’une centaine de personnes ont assisté à la table ronde à laquelle participaient : Donna Larivière de la Fédération des femmes autochtones du Québec (FAQ),   Eruoma Awashish, une artiste multidisciplinaire, et Tania Larivière, la représentante jeune en milieu urbain de la FAQ et ancienne étudiante de Garneau. Julie Mareschal, professeure d’anthropologie, et Geneviève Marchand, professeure de sociologie, étaient responsables de l’animation.

Donna Larivière a dressé un triste portrait de la violence vécue par les femmes autochtones en milieu urbain qui résulte de l’exclusion sociale. Elle a expliqué qu’en raison d’une loi discriminatoire et sexiste, les femmes qui choisissent de quitter leur réserve « partent avec leurs enfants et ce qu’elles portent sur leur dos » puisque tous les biens appartiennent à leur conjoint. Arrivées en ville, elles sont confrontées à la pauvreté et sont les premières victimes de la traite des femmes. À ce titre, elle s’est réjouie de la tenue de l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, lancée par le gouvernement Trudeau. En effet, la FAQ et de nombreux groupes sociaux réclamaient depuis plus de dix ans la tenue d’une telle enquête. Rappelons que bien que « les femmes autochtones forment 4 % de la population féminine canadienne, elles représentent 16 % des femmes assassinées au Canada en 1980 et 2012 »2.

Pour sa part, Tania Larivière a parlé, avec enthousiasme, de la nouvelle génération de femmes autochtones. Elle a rappelé que ces jeunes sont au cœur du mouvement anticolonialiste Idle no more et qu’elles militent également en alliance avec les mouvements sociaux (féminisme, écologisme et droit au logement). Elle a confié que, pour ses parents et pour plusieurs autochtones, le traumatisme des pensionnats est toujours douloureux. Bien que la Commission de vérité et de réconciliation du Canada commence à faire connaître les sévices connus par les autochtones, un mouvement de guérison est en cours dans les communautés et les femmes y jouent un rôle important. Cependant, Tania Larivière demeure optimiste en voyant d’autres femmes autochtones qui sont, comme elle, fières de leurs racines et qui revendiquent leur identité autochtone.

Enfin, Eruoma Awashish a souligné la plus grande visibilité dont jouissent les artistes autochtones comme le rappeur Samian et l’auteure Natasha Kanapé Fontaine. Elle a rappelé que l’art a toujours été au cœur des communautés autochtones que ce soit par la musique, la danse, les pow wow, les arts visuels, le tissage, etc. Elle y voit une conséquence bénéfique du mouvement de réconciliation puisque « les gens non autochtones sont plus intéressés à connaître la vérité sur l’histoire des autochtones  et l’art est une excellente manière d’y parvenir ». Eruoma Awashish a également évoqué sa démarche artistique engagée qui consiste à affirmer sa spiritualité en se réappropriant des symboles de la culture dominante. En écartant la doctrine et l’aspect institutionnel de la religion, l’artiste désire  renverser le rapport de domination.

Lors de la période de questions, un professeur a demandé à Tania Larivière quelles actions pourraient être mises de l’avant pour que Garneau soit un milieu plus accueillant pour les étudiant-e-s autochtones. Cette dernière a répondu qu’il était important de ne pas stigmatiser les autochtones, de prendre en compte la différence de leur bagage culturel dans les cours et surtout de créer l’espace pour que leur prise de parole soit possible et valorisée. Ouvrir le dialogue avec les femmes autochtones est au nombre de ces initiatives constructives. Chapeau aux organisatrices!

*Vous avez été nombreuses et nombreux à vous procurer l'épinglette solidaire du 8 mars. Nous avons donc été en mesure de verser 92 $ au Comité de parents aux études. Merci !

1. Le syndicat des professeur-e-s, le syndicat du personnel de soutien, le syndicat des professionnels et l’association étudiante en collaboration avec le cégep.
2. http://ici.radio-canada.ca/sujet/femmes-autochtones-assassinees-disparues, consutlé le 10-03-2016.

Convention collective
Votre contrat de travail :
Manifeste
Le manifeste Faire de l'éducation publique la priorité nationale du Québec.
Administration du site

SPCFXG

Cette section est utilisée par les administrateurs du site seulement. Vous devez posséder un nom d'usager ainsi qu'un mot de passe pour y accéder.