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Négo 2015 : Envers qui les coordonnateurs doivent-ils être redevables?

Dans le dépôt patronal sectoriel du 10 juin, on retrouve une demande à l’effet que les coordonnateurs de département et de comité de programme soient désormais nommés par la direction. Par cette demande, le Comité patronal de négociation des collèges (CPNC), qui réunit des représentants du Ministère de l’enseignement supérieur et de la Fédération des cégeps, vient remettre en question le mode de nomination actuel des coordonnateurs, défini aux clauses 4-1.06 et 4-1.02 c) de la convention collective. En fait, depuis la convention 1983-1985, ce sont les assemblées départementales qui désignent leur coordonnateur. Quant aux comités de programme, ils désignent leur coordonnateur depuis que cette structure est apparue dans la convention 2000-2002. Le fait de passer du mode de nomination actuel à celui souhaité par le CPNC changerait en profondeur l’organisation du travail des institutions collégiales.

En effet, notre organisation du travail est ainsi faite que le coordonnateur du département rend des comptes à son assemblée départementale, laquelle rend des comptes à la direction via le plan de travail et le rapport annuel du département (voir le chapitre 4 de la convention collective, notamment 4-1.10 et 4-1.11). Le coordonnateur du département n’est pas le « boss » de ses collègues ; au contraire, il exécute les mandats qui lui sont confiés par ses collègues et il les représente auprès de la direction. Si les coordonnateurs de département devaient être nommés par la direction, la pyramide serait inversée : tirant sa légitimité de la direction et se trouvant dans la position de devoir lui rendre des comptes de façon personnelle, le coordonnateur du département ne serait plus le mandataire et le représentant de ses pairs, mais de la direction. Les mêmes remarques s’appliquent pour ce qui est du responsable de programme dans son rapport au comité de programme.

Nous avons actuellement la chance de travailler dans l’une des rares institutions caractérisées par une structure d’autogestion. Cette forme d’organisation du travail est le rempart de notre autonomie professionnelle et de notre liberté académique, et elle est une caractéristique fondamentale de l’enseignement supérieur depuis ses origines (l’Académie de Platon et les premières universités du Moyen Âge étaient des institutions autogérées par les « maîtres » qui y dispensaient leur enseignement). C’est à ce précieux héritage que le CPNC s’attaque en revendiquant la prérogative de nommer les coordonnateurs de département et de programme.

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