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Négo 2015 : État de la négociation à la table centrale

La table centrale est le forum où le Conseil du trésor et le Front commun (APTS, CSN, CSQ, FTQ, SFPQ) se rencontrent pour négocier les objets relatifs à la rémunération (salaires, primes, régime de retraite, droits parentaux). Les rencontres de négociation se sont poursuivies tout l’été ; de mai à août, une trentaine de rencontres ont eu lieu en différents formats (complet, restreint, en sous-comité technique, etc.).

Au dire du porte-parole du comité de négociation de la CSN, les échanges à la table centrale sont constructifs, bien que les résultats concrets se fassent toujours attendre ; « mes vis-à-vis sont des gens qui veulent en arriver à un règlement, dit-il, mais ils n’ont toujours pas de mandats du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, pour avancer autrement qu’en mode exploratoire ». En date du 3 septembre, le gouvernement maintient donc ses offres salariales initiales (0 %, 0 %, 1 %, 1 %, 1 %) et ses demandes de concessions en ce qui a trait à notre régime de retraite (report de l’âge de la retraite sans pénalité actuarielle de 60 à 62 ans, augmentation de la pénalité actuarielle de 4 % à 7,2 % par année d’anticipation de la retraite, calcul de la rente basé sur les 8 meilleures années plutôt que sur les 5 meilleures).

On se souviendra que le Conseil du trésor justifie ses demandes de concessions relatives à notre régime de retraite en prétendant qu’elles sont nécessaires pour assurer la pérennité du régime. Bien qu’une telle prétention soit incompatible avec la conclusion de la plus récente évaluation actuarielle du régime, qui établit la capitalisation de celui-ci à 98,4 %, le Front commun avait proposé à ses vis-à-vis, le printemps dernier, de mettre sur pied un sous-comité technique pour évaluer la santé financière à long terme du RREGOP. Or, les travaux de ce sous-comité n’ont pas permis de démontrer que la pérennité du régime est menacée et que les risques financiers qui pèsent sur celui-ci justifient le recours au remède de cheval proposé par le Conseil du trésor. En d’autres termes, le Front commun maintient que le RREGOP est en bonne santé financière et que la seule raison qui motive les concessions demandées par le Conseil du trésor, c’est son désir de réduire les coûts du régime pour l’employeur en profitant d’un contexte où, dans l’opinion publique, les conditions de retraite des employés de l’État sont amalgamées à celles des catégories d’employés municipaux les plus favorisées.

Dans un autre registre, plusieurs des rencontres des dernières semaines ont porté sur les relativités salariales, dossier qui traîne depuis une quinzaine d’années et qui devait être réglé avant le début de la présente ronde de négociation. On se souviendra que les professeurs de cégep sont l’une des catégories d’emploi visées par ces travaux. En date du 3 septembre, il n’y avait toujours pas d’entente sur le rangement de notre catégorie d’emploi, mais on nous dit que les discussions à cet égard progressent dans la bonne direction.

À l’initiative du Conseil du trésor, des travaux exploratoires ont aussi été amorcés, au cours des dernières semaines, concernant la structure salariale des employés de l’État. Concrètement, le souhait du gouvernement est de profiter de la présente ronde de négociation pour corriger une partie des incohérences affectant cette structure salariale, de façon à ce que des emplois jugés équivalents (donc avec un même rangement) aient une rémunération équivalente. Le Front commun a accepté d’amorcer des discussions exploratoires à ce sujet en posant d’entrée de jeu que toute avancée à cet égard ne sera possible que si les quatre conditions suivantes sont respectées :

- Que le gouvernement abandonne le gel salarial comme perspective de règlement.
- Que la révision des structures salariales ne se fasse pas à « coût zéro ».
- Que le rehaussement d’une catégorie d’emploi ne puisse se faire au détriment d’une autre catégorie.
- Que la méthodologie utilisée soit la même que celle convenue pour l’équité salariale.

D’ici la fin du mois de septembre, le Front commun fera un bilan des travaux exploratoires menés à ce sujet de façon à évaluer si le gouvernement est sérieux ou non dans ce projet. Nous, professeurs de cégep, pourrions être affectés positivement par ces travaux dans la mesure où nous réclamons depuis longtemps que la progression salariale associée à chacun des trois échelons supérieurs de notre échelle salariale, réservés aux détenteurs de maîtrise et de doctorat, soit haussée au niveau de celle des échelons inférieurs (4,25 %). À l’heure actuelle, elle n’est que de 1,63 %.

Ainsi, à la table centrale, d’étroites voies de passage semblent tout de même se dessiner, mais la suite des choses dépend de notre capacité à exercer un rapport de force. Et quoi qu’on en dise, le meilleur moyen d’amener le président du Conseil du trésor à donner des mandats à ses négociateurs, c’est que les 400 000 membres du Front commun appuient leurs négociateurs par de solides mandats de grève à exercer au besoin.

Table centrale – Rétrospective :
- « Négo 2015 : Info-négo # 4 - Table centrale - 25 mai 2015 » (3 juin 2015) ;
- « Négo 2015 : État de la négociation à la table centrale » (1er avril 2015) ;
- « Négo 2015 : Une analyse de l’évolution du salaire des professeurs de cégep (1968-2014) » (4 mars 2015) ;
- « Négo 2015 : Un obstacle de moins pour l’unité du Front commun » (18 février 2015) ;
- « Négo 2015 : Par rapport à la relativité salariale, la prudence est de mise » (18 février 2015) ;
- « Négo 2015 : Au sujet des propositions patronales relatives à notre régime de retraite » (21 janvier 2015) ;
- « Négo 2015 : Le gouvernement nous offre une baisse de salaire de 7 % sur cinq ans » (17 décembre 2014) ;
- « Négo 2015 : La demande salariale du Front commun » (3 décembre 2014) ;
- Demandes syndicales (30 octobre 2014) et dépôt patronal (15 décembre 2014) de table centrale.

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