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Cours d'histoire obligatoire : le Comité école et société de la FNEEQ dépose son rapport d'analyse

Le 2 septembre dernier, le gouvernement lançait sa « démarche pour renforcer l’enseignement de l’histoire nationale », démarche devant conduire à des modifications aux programmes d’enseignement de l’histoire au primaire et au secondaire et à l’ajout, au collégial, d’un cours d’histoire nationale du Québec contemporain à la formation générale. Le 19 septembre, le Regroupement cégep de la FNEEQ mandatait le Comité école et société pour qu’il produise un rapport d’analyse relatif à la deuxième dimension du projet gouvernemental. Le rapport en question a été présenté aux délégués le 6 décembre. Il aborde tant la question de la pertinence de l’introduction d’un cours d’histoire du Québec contemporain à la formation générale que les questions plus techniques relatives à l’implantation d’un tel cours (impacts sur l’emploi et la distribution de la tâche, sur les grilles de programme, etc.).

À partir de ce rapport et des dernières informations qui ont circulé dans les médias, on peut identifier au moins quatre enjeux par rapport auxquels le Regroupement cégep devra bientôt prendre position.

Premièrement, est-il pertinent d’introduire un cours d’histoire du Québec contemporain à la formation générale au collégial ? Mis à part les raisons purement politiques qu’il a de mettre ce projet de l’avant, le gouvernement justifie sa démarche en disant qu’« une majorité de Québécoises et de Québécois se déclarent insatisfaits de l’enseignement de l’histoire au Québec » (Communiqué de presse du 2 septembre 2013). Or, s’il y a des insatisfactions par rapport à l’enseignement de l’histoire au primaire et au secondaire, ne serait-il pas préférable d’agir à ces ordres d’enseignement avant de demander au cégep de combler les lacunes ?

Deuxièmement, est-il souhaitable que le nouveau cours d’histoire remplace l’un des deux cours complémentaires de la formation générale ? Hier, Le Devoir nous apprenait que le Comité-conseil de la formation générale s’apprête à recommander que le cours d’histoire du Québec contemporain vienne remplacer l’un des deux cours complémentaires (Lisa-Marie Gervais, « Place à l’histoire du Québec contemporain »Le Devoir, 12 décembre 2013). Un tel scénario soulève d’emblée la question suivante : la formation générale complémentaire, censée permettre à l’étudiant de s’initier plus librement à d’autres champs du savoir, aura-t-elle encore un sens si elle se réduit désormais à un seul cours ? Rappelons qu’à la création des cégeps, il y avait quatre cours complémentaires…

Troisièmement, serait-il acceptable que le cours puisse être donné par des professeurs d’autres disciplines que la discipline « histoire » (par ex. : sociologie, science politique, etc.) ? Selon Le Devoir de ce matin, le ministre de l’Enseignement supérieur est ouvert à cette éventualité (Lisa-Marie Gervais, « Cours d’histoire au collégial : Duchesne ouvert à un enseignement multidisciplinaire »Le Devoir, 12 décembre 2013). Or, l’un des fondements de l’appartenance du réseau collégial à l’enseignement supérieur est le fait que les professeurs y soient des spécialistes de la discipline qu’ils enseignent. Accepter qu’un cours de la discipline 330 puisse être donné par des non-historiens pourrait constituer un dangereux précédent à cet égard.

Quatrièmement, comment se positionner par rapport à la question de l’emploi ? S’il se concrétise, le remplacement d’un cours complémentaire par un cours d’histoire aura nécessairement des impacts sur l’emploi dans les disciplines qui offrent des cours complémentaires. Si des professeurs permanents sont mis en disponibilité suite à ce changement, ils pourront bénéficier de mesures de replacement, mais les professeurs non-permanents qui se retrouveront sans tâche perdront leur emploi… Par contre, en permettant que le cours puisse être donné par des professeurs d’autres disciplines des sciences humaines, on pourrait résorber une partie de ces pertes d’emploi. Au moment de prendre position sur l’ensemble de l’oeuvre, nous serons donc confrontés, comme organisation syndicale, à un dilemme difficile à résoudre : devra-t-on privilégier la protection des emplois de nos membres à statut précaire ou plutôt insister pour préserver l’intégrité de l’un des fondements de notre appartenance à l’enseignement supérieur ?

Le Regroupement cégep de la FNEEQ prendra position par rapport au nouveau cours d’histoire au début de la session d’hiver. Une recommandation sera déposée pour consultation auprès des syndicats affiliés lors de la prochaine réunion du Regroupement les 30 et 31 janvier. Pour le moment, la seule position officielle du Regroupement est à l’effet de réclamer le report de l’implantation du nouveau cours d’un an de façon à permettre au Comité-conseil de la formation générale de mener son travail dans des conditions décentes et respectueuses de la consultation de toutes les instances concernées (Lisa-Marie Gervais, « Cours d’histoire : les profs de cégep exigent le report de l’implantation »Le Devoir, 10 décembre 2013).

Article précédent sur le même sujet :
« Cours d’histoire obligatoire au collégial : le gouvernement va de l’avant » (8 septembre 2013).

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