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Legault et le fléau de la drogue dans les cégeps...

Vous n’êtes probablement pas sans savoir que François Legault, ex-ministre de l’Éducation et fondateur de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), a tenu des propos pour le moins surprenants, il y a quelques jours, concernant les cégeps. Voici ses propos tels qu’ils ont été rapportés par le Journal de Montréal, principal média à en avoir fait mention :

« Si on avait à rebâtir le système d’éducation au Québec, je pense qu’on ne devrait pas avoir de cégeps. On devrait avoir une sixième année au secondaire, puis une quatrième année au bac à l’université. Là, la question qui se pose, c’est toujours la même chose ; dans notre liste de priorités, on ne peut pas s’attaquer à tout. Il faut faire des choix. Est-ce que c’est en haut de la liste ou en bas de la liste ? N’oublions pas qu’au Québec, il y a 48 cégeps avec 48 conventions collectives avec des bâtiments qui sont pour l’instant à peu près pleins. Si demain matin, on les ferme, puis qu’on envoie une année aux écoles secondaires, bien là, elles ne sont pas assez grosses, il faut les agrandir. »

« Même chose avec les universités. Vous voyez, il y a beaucoup de brassage de structures. Par contre, je pense que c’est quelque chose qu’il ne faut pas éventuellement exclure, parce que, comme le disent parfois certains parents, c’est une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue et puis à décrocher. Il y a un problème avec nos cégeps, il y a un problème avec le taux de diplomation et il va falloir faire quelque chose avec nos cégeps, ça c’est certain. » (Source : « Legault abolirait les cégeps », Le Journal de Montréal, 5 octobre 2011.)

Au-delà du fait que M. Legault ait ici commis une erreur factuelle (il n’y a pas 48 conventions collectives différentes dans le réseau collégial, mais bien deux : celle de la FNEEQ-CSN et celle de la FEC-CSQ) et ait relancé, peut-être sans le vouloir, une question qui a déjà été réglée trois fois par le passé (dans le cadre de la réforme du réseau collégial, en 1993, des États généraux sur l’éducation, en 1996, et du Forum sur l’avenir de l’enseignement collégial, en 2004), ce sont les propos de M. Legault sur la drogue dans les cégeps qui en ont fait réagir plusieurs. Ce fut le cas, entre autres, de certains professeurs de notre collège qui en ont pris connaissance mercredi dernier, en pleine distribution de pommes dans le cadre de la Journée mondiale des enseignant-e-s. Par ailleurs, les médias ont fait connaître les réactions de la Fédération des cégeps, de la ministre de l’Éducation et de la FNEEQ, unanimes pour dénoncer les propos de M. Legault.

Dans le communiqué publié par la FNEEQ, Micheline Thibodeau, vice-présidente, a réagi en ces termes aux propos de M. Legault : « C’est très frustrant de constater à quel point les politiciens, qui s’entendent merveilleusement pour dire que l’éducation devrait être une priorité, se révèlent incapables de saisir la mesure des enjeux, de consulter les artisans de l’éducation et de proposer des solutions qui les rejoignent, a ajouté pour sa part la vice-présidente de la FNEEQ, Micheline Thibodeau. On dit que l’éducation est une priorité, mais on coupe allègrement dans son budget, on n’écoute pas celles et ceux qui sont aux premières loges et on veut tout bouleverser sans réflexion préalable, sur la base de vulgaires préjugés. C’est désolant. » En effet, très désolant.

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