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Relativité salariale : les professeurs de cégep déclassés

Vous êtes sans doute nombreux à avoir pris connaissance de l’article « Baisse salariale en vue pour les profs de cégep », publié dans Le Devoir du samedi 7 septembre. Voici de quoi il en retourne.

En septembre 2011, les organisations syndicales des secteurs public et parapublic et le Conseil du trésor entamaient des travaux de relativité salariale, travaux prévus depuis 2005 mais reportés plusieurs fois en raison des travaux d’équité salariale, qui se sont étirés sur une plus longue période que prévue. Ces travaux de relativité salariale ont pour objet de comparer entre elles toutes les catégories d’emploi des secteurs public et parapublic (et pas seulement les catégories à prédominance féminine et les catégories à prédominance masculine) dans le but d’ajuster les échelles salariales de façon à ce qu’il y ait parité salariale entre les emplois comparables. Les critères utilisés pour comparer les catégories d’emploi sont les mêmes que ceux qui ont été utilisés dans le cadre des travaux d’équité salariale.

Dans le cadre des travaux de relativité salariale, le Conseil du trésor a donc procédé à l’évaluation de notre catégorie d’emploi (enseignant au collégial) et nous a accordé le rangement 21, alors que les enseignants des commissions scolaires (préscolaire, primaire et secondaire), dans le cadre des travaux d’équité salariale, se sont vus accorder le rangement 22, tout comme les conseillers pédagogiques. Bien sûr, nos représentants de la FNEEQ et de la CSN pourront contester cette évaluation du Conseil du trésor dans le cadre de rencontres à venir – donc tout n’est pas joué. Mais cette évaluation préliminaire du Conseil du trésor a ceci d’odieux qu’elle vient déclasser les professeurs de cégep et se fonde sur une mécompréhension totale de notre tâche.

Déclassement, en effet, car à l’heure actuelle, la convention collective (annexe VI-3) prévoit que notre échelle salariale est à la remorque de celle des enseignants des commissions scolaires. En fait, les 17 premiers échelons de notre échelle salariale correspondent à ceux de l’échelle salariale des enseignants des commissions scolaires. Cependant, notre échelle compte 3 échelons de plus, l’échelon 18 étant accessible aux détenteurs de maîtrise et les échelons 19 et 20 étant accessibles aux enseignants qui ont atteint au moins 19 ans de scolarité et qui détiennent un doctorat de troisième cycle. En ce sens, le statu quo consisterait à nous accorder au moins le même rangement que les enseignants des commissions scolaires, soit le rangement 22, ce qui signifie que nous accorder le rangement 21 constitue un déclassement. Si ce rangement préliminaire devait être maintenu, non seulement la reconnaissance des diplômes de maîtrise et de doctorat dans notre structure salariale serait compromise, mais il faudrait s’attendre à une diminution salariale ou, à tout le moins, à une stagnation pour plusieurs années (donc, l’inflation étant ce qu’elle est, à une baisse). Théoriquement, le système de classement utilisé prévoit un écart salarial d’environ 5 % entre chaque rangement.

Cela dit, comment expliquer ce déclassement ? Comment expliquer que le Conseil du trésor ne nous accorde pas au moins le rangement 22 ? Selon nos représentants de la FNEEQ, qui ont pris connaissance de cette évaluation, le Conseil du trésor a traité notre catégorie d’emploi comme si notre tâche consistait uniquement à préparer des cours théoriques, les donner et corriger. Son évaluation ne tient pas compte du fait que plusieurs d’entre nous supervisons des laboratoires et des stages (et que certains font même de la recherche), mais pire encore, son évaluation ne tient pas compte de toutes les tâches collectives que nous accomplissons en département, en comités de programme ou au sein d’autres instances institutionnelles, et qui justifient notre appartenance à l’enseignement supérieur. Ce qui rend le tout d’autant plus odieux est que ces tâches collectives sont conventionnées (article 8-4.00), notamment via la clause sur les services professionnels rendus (les fameuses « 173 heures »), et qu’elles ont été reconnues en 2008 dans l’étude Enseigner au collégial… Portrait de la profession, fruit des travaux d’un comité paritaire syndical-patronal. La position de la FNEEQ est que nous méritons un rangement supérieur à 22 en raison des tâches inhérentes à l’enseignement supérieur que nous effectuons en plus de l’enseignement proprement dit et en raison de notre niveau de scolarité (40 % des professeurs de cégep détiennent au moins une maîtrise).

Tel que mentionné plus haut, tout n’est pas joué. Nos représentants de la FNEEQ et de la CSN ont sollicité une rencontre avec le Conseil du trésor et ont en main tous les arguments et l’expertise technique pour contester point par point l’évaluation qu’il a faite de notre catégorie d’emploi. Mais, ces arguments et cette expertise ne suffiront pas à renverser la vapeur : ce dont ils ont besoin, c’est d’une forte mobilisation des membres des syndicats affiliés. À cette fin, les délégués du regroupement cégep, réunis en instance jeudi dernier, ont adopté un plan d’action (« Opération dérangement 21 ») qui prévoit une gradation des moyens de pression et un recours éventuel au boycott des activités que le Conseil du trésor ne reconnaît pas comme parties intégrantes de notre tâche. Nous vous ferons connaître ce plan d’action lors de l’assemblée générale de jeudi (le 12), où nous vous espérons nombreux.

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