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Négo 2015 : Par rapport à la relativité salariale, la prudence est de mise

Dans le dépôt patronal de table centrale du 15 décembre dernier (p. 5), le Conseil du trésor propose de poursuivre les travaux sur les relativités salariales, travaux qui concernent les catégories d’emploi masculines et mixtes du secteur public québécois (les professeurs de cégep formant l’une de ces catégories mixtes). Toutefois, le Conseil du trésor propose de lier la suite de ces travaux à l’opération du maintien de l’équité salariale au 31 décembre 2015, qui concerne les catégories d’emploi féminines et qui doit être réalisée en vertu de la Loi sur l’équité salariale. Autrement dit, le Conseil du trésor demande que les travaux de relativité se poursuivent dans un cadre différent de celui convenu par les parties dans la lettre d’entente sur les relativités salariales du 24 janvier 2011.

De leur côté, les organisations syndicales impliquées dans les travaux de relativité salariale souhaitent que ceux-ci se poursuivent selon les termes prévus à la lettre d’entente de janvier 2011, c’est-à-dire indépendamment de l’opération du maintien de l’équité salariale. Deux raisons amènent les organisations syndicales à soutenir cette position. Premièrement, lier les travaux de relativité à ceux du maintien de l’équité risquerait d’en différer la conclusion de quelques années (l’opération du maintien de l’équité salariale au 31 décembre 2010 s’est terminée en février 2013). Deuxièmement, lier les travaux de relativité à ceux du maintien de l’équité nous ferait entrer de plain-pied dans le jeu du gouvernement, qui semble vouloir fondre l’ensemble des dossiers relatifs à la question salariale (hausses paramétriques, relativité salariale et équité salariale) dans un grand tout de façon à enfermer ceux-ci dans son cadre budgétaire très étroit.

Telle semble être, en effet, la stratégie du gouvernement. Le 27 janvier dernier, le premier ministre laissait entendre que son gouvernement serait ouvert à accorder des augmentations salariales différenciées selon les secteurs ou les catégories d’emploi, en autant que cela n’ait pas d’impact sur l’augmentation totale prévue de la masse salariale des employés de l’État (« Négociation de l’État avec les syndicats : des offres quasi-finales », Le Soleil, 28 janvier 2015). Cette approche de hausses salariales différenciées pose deux difficultés : d’abord, une difficulté pour la solidarité des syndiqués du secteur public dans la présente négociation et celles à venir ; ensuite, une difficulté sur le plan de la justice : le coût de la vie augmente pour tout le monde. Et il va sans dire que ces deux difficultés s’accentueraient si cette approche devait s’accompagner de son corollaire : que certaines catégories d’emploi voient leur salaire réduit ou gelé pour une certaine période pendant que d’autres verraient le leur augmenter.

Bref, le gouvernement semble vouloir utiliser le dossier de la relativité salariale pour amener les organisations syndicales sur un terrain glissant, ce qui commande une extrême prudence.

Articles précédents sur le même sujet :
- « Relativité salariale : Retour sur la semaine d’action contre les engagements rompus » (29 octobre 2014) ;
- « Le point sur la relativité salariale » (8 octobre 2014).

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