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La rubrique « Tribune » est ouverte aux contributions des membres du SPCFXG qui souhaiteraient prendre position publiquement sur les enjeux syndicaux ou tout autre enjeu qui concernent la communauté collégiale.

Le syndicalisme ou s’occuper de ses affaires

C’est en revenant d’une instance syndicale plutôt chargée que m’est venue l’idée de ce texte. Pendant trois jours, j’ai assisté à des présentations concernant les problèmes de nos milieux de travail et de la société dans laquelle ils s’inscrivent : nouvelles dispositions à faire appliquer en santé et sécurité au travail, attaques de la CAQ à l’autonomie des syndicats, urgence de la transition écologique et sociale, importance des violences faites aux femmes… Tous des sujets auxquels il est difficile de rester indifférent et pour lesquels j’ai l’impression de devoir agir en tant que représentant syndical. C’est avec le sentiment d’être surchargé et en étant plutôt abattu que je suis revenu à la maison ce soir-là.

J’ai bien pris conscience par la suite que je ne pouvais espérer régler ces problèmes à moi seul. En tant que représentant syndical, je souhaite faire la différence dans la vie des membres, mais il n’est pas toujours évident de trouver quel angle adopter pour aborder les problématiques. Je suis revenu à la base de mon engagement syndical et me suis demandé ce qui a suscité mon engagement. Au départ, ce sont certaines situations que je vivais directement dans mon quotidien qui m’ont fait m’impliquer, des situations que je jugeais problématiques et pour lesquelles j’avais des idées de solutions. La position de représentant syndical m’a fait élargir graduellement mes horizons quant aux problématiques vécues par mes collègues et j’ai fini par me sentir concerné plus largement.

Les syndicats ont bien mauvaise presse depuis aussi longtemps que je me souvienne, mais la situation ne fait que s’empirer avec les attaques gouvernementales de l’automne dernier. Dans l’imaginaire collectif est bien ancrée la fable de l’organisation qui défend les pommes pourries. Notre syndicat défend l’ensemble de ses membres lorsqu’ils vivent une situation conflictuelle avec le collège, mais il permet tellement plus que ça. Notre syndicat est un lieu où chacun a la possibilité de défendre les causes qui lui tiennent à cœur lorsque celles-ci sont enlignées avec les valeurs du groupe. Lorsque structurée autour de l’action syndicale, nos actions gagnent en force et deviennent moteur de changement. Ça s’applique autant à nos conditions de travail directes qu’à des enjeux sociaux plus larges.

J’arrive finalement à la raison pour laquelle j’ai eu envie de rédiger ce texte. C’est pour vous inviter à revoir ce que ça signifie être syndiqué. Je n’ai compris que dernièrement qu’il ne suffisait pas de laisser les représentants syndicaux effectuer leur travail pour que le syndicat fasse la différence. Même si des gens nous représentent, être syndiqué exige qu’on s’occupe de ses affaires. S’occuper de ses affaires, c’est sortir de l’apathie, c’est s’intéresser réellement et en profondeur à la façon dont les choses fonctionnent dans notre milieu de travail, c’est ne pas se dire lorsqu’on voit un problème que quelqu’un d’autre va sûrement s’en occuper. Être syndiqué, ça veut dire faire partie d’un groupe et aller à la rencontre de collègues qui nous sont inconnus. Ça exige de s’engager et de s’intéresser minimalement aux forces qui nous gouvernent. C’est partager son avis même lorsqu’il semble à contre-courant pour que le groupe puisse le prendre en compte. Sans l’engagement de ses membres, les structures syndicales sont bien inefficaces, vides de sens et stériles. J’ai compris que la réponse aux préoccupations qui m’habitent dans les derniers mois, c’est l’action collective, cette action collective qui, je le comprends maintenant, va m’accompagner bien après que j’aurai terminé mon engagement comme représentant syndical.

Ne voyez pas ce texte comme une critique de l’engagement actuel des membres du SPCFXG, je me considère privilégié de pouvoir compter sur une base militante aussi forte que celle que nous avons à Garneau. Devant l’ampleur des défis que nous rencontrerons dans les prochaines années, je pense que nous avons besoin de l’expertise, de l’énergie et des convictions de toutes les personnes si on espère un dénouement collectivement heureux. C’est donc plutôt un message d’ouverture que je souhaitais livrer à tous ces membres que j’ai eu peu l’occasion de rencontrer et nous rappeler l’opportunité que nous avons de porter, ensemble, des actions qui feront LA différence autant individuellement que collectivement.

Solidairement,

Guillaume Vachon-Beaudoin
Syndiqué
Citoyen
Père
Professeur de chimie
Président du SPCFXG